Marguerite, entre deux âges

Luc Malghem, in Traversée, éd. Les Eperonniers/L’Instant même, 1997


« Une phrase lui trottait dans la tête, qui la faisait transpirer de plus belle quand le courage à l’exercice mollissait. Cette phrase, elle l’avait entendue un jour à la radio. Un médecin, dont elle n’avait pas retenu le nom mais qui avait parlé d’une belle voix chaude, avait expliqué ceci : en raison de la structure de leurs graisses, les femmes vieillissent à la façon de poires blettes – elles se tassent et s’empâtent sous la taille, avait-il précisé, au contraire des hommes qui, eux, se développeraient plutôt à hauteur du ventre, tels des pommes donc. »